France Grand Tour étape 7

Dimanche 30 Janvier, nous reprenions la voiture dans l’après-midi pour nous rendre à Passa, dans les Pyrénées-Orientales. Nous n’avions presque plus de couches, pour Noah, et nous pensions naïvement nous arrêter dans un supermarché pour en acheter, sur la route. Un dimanche soir… tous les super marchés étaient fermés. J’avais oublié ce détail. Enfin bref, nous arrivons à destination, après avoir traversé myriades de petits villages tous plus inventifs les uns que les autres dans leur manière de forcer les voitures à ralentir.

Chloé et Sophie nous avaient prêté leur maison pour quelques jours. La demeure était tout à fait charmante, et il y avait même un grand château Playmobil pour les enfants.

Malheureusement, le vent nous avait suivit, et la nuit tombée, il faisait un peu froid… la maison était chauffée au poêle, un objet que je ne connaissais pas du tout. Je savais juste qu’on est censé faire du feu dedans. Challenge donc. Je m’y prends comme pour allumer une cheminée, fort de mon expérience au Mas… échec. Deuxième tentative, deuxième échec, le feu ne prend pas. Faut dire qu’il n’y avait pas vraiment de petit bois. Bon, sur un troisième essai, le feu finit par prendre, enfin. En finissant de décharger la voiture, je vis par la fenêtre d’un voisin, qu’il utilisait aussi un poêle. Le même que nous. Sauf qu’à travers la vitre de son poêle à lui, on aurait dit qu’on avait une vue directe sur l’enfer, d’énormes flammes s’entremêlaient dans un chaos frénétique… vraiment rien à voir avec mon petit feu tout moisi qui consumait lentement les 3 pauvres buches que j’avais mis dedans. Mais bon, rapidement, la maison était bel et bien chauffée, super efficace !

Le lundi, on est parti visiter Collioure. Le vent ne nous avait pas lâché. Il y avait un zef à faire s’envoler les morts de leur tombe. A un moment j’ai même du progresser à 4 pattes pour accéder à un ponton qui s’avançait dans la mer. Nous avons admiré les vagues venant se fracasser contre les rochers, provoquant d’impressionnantes éclaboussures. Bon, vent mis à part, on a fait une super visite, l’endroit était vraiment magnifique, voyez les photos. En plus il n’y avait quasiment personne, ce qui rendit la ballade d’autant plus agréable.

Le soir, frigorifié par le vent glacé, nous rentrions et je faisais de nouveau face au poêle, vide et froid. Je mis alors ma fierté de côté, pour demander de l’aide à celui qui sait tout et peut tout t’apprendre, à tout heure : Youtube. Je tombais d’abords sur des vidéos qui m’expliquaient comment fonctionne le poêle, comment on peut ajuster le tirage de l’air, et qui m’introduisirent à la technique de « l’allumage par le haut », qui semble la plus populaire. Mais tous les youtubeurs là, ils faisaient les malins, mais ils utilisaient un « allume feu », un genre de petit cube magique qui brule pendant longtemps, pour allumer leur feu, et moi je n’avais rien de tel… mais je finis par trouver la solution, enfin ! Voici la révélation, la technique ultime du pyromane à petit budget : vous déroulez un mètre de papier toilette vous le pliez (ou l’enroulez) soigneusement sur lui-même de nombreuse fois, jusqu’à que ça fasse genre un bloc de la taille du pouce, et vous le trempez dans un verre rempli d’huile de tournesol (ou autre). Avec ca vous faite cramer ce que vous voulez ! Le papier va bruler très longtemps, assez pour enflammer les buches que vous avez mis dans le poêle. Et puis faut pas hésiter, on peut remplir de buche, pas de petit bois, pas de papier… on pose le papier imbibé d’huile vers le haut du tas de buche, on ferme la porte, et on est bon pour la soirée. En plus avec le vent, on avait un tirage de fou furieux… on a pas eu froid.

Le lendemain, mardi, on avait décidé d’aller à Barcelone ! Notre priorité sur place était de visiter la Sagrada Familia. Il faisait très beau, très chaud, et le vent avait complètement disparu (!). Après 2 heures de route et la traversée des Pyrénées, nous nous garions à Montcada-Ripollet, sur le parking (gratuit) de la gare de train. Nous pensions que cela serait le plus pratique, plutôt que d’essayer de se garer dans Barcelone, qui n’a pas bonne réputation en matière de commodité automobile. Le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup de trains, en tout cas par rapport à ce à quoi nous sommes habitués au Japon. On peut facilement devoir attendre plus de 30 minutes. Et ensuite, le trajet dure ensuite une bonne vingtaine de minutes. Au final nous avons perdu pas mal de temps, à l’allé comme au retour, donc à moins de pourvoir bien calculer son coup avec les horaires des trains, je ne conseille pas cette technique.

Enfin bref, on arrive devant la Sagrada Familia après 13h, on sait qu’on ne pourra rien visiter d’autre, mais c’est pas grave. Le temps est magnifique, il fait encore plus chauf qu’en France, et la cathédrale est très impressionnante. Après avoir manger comme il se doit, dans une bonne chaine de fast-food américaine, nous entrons faire la visite. Encore une fois, vraiment très impressionnant, l’intérieur aussi, vraiment magnifique. En plus, il n’y avait pas grand monde. Nous étions ravi.

Puis je senti que je commençais à avoir de la fièvre… était-ce le vent de la veille ? la chaleur de la journée ? une frappe divine catalysée par le saint édifice? Ou simplement l’épidémie de covid qui nous rattrapait enfin ? En tout cas, ce n’était pas le meilleur moment, car je devais encore prendre le train, et conduire plusieurs heures de nuit avec Momoko et les enfants, avant de rentrer…

Heureusement, j’avais été prévoyant sur ce coup là, et j’avais du Doliprane dans mon sac ! Du calibre 1000mg, pilule rouge, le truc que si tu montres à un médecin Japonais, il te prend pour un drogué. Mais vu le déroulement de la suite, ce Doliprane m’a surement littéralement sauvé la vie.

On prend le métro, puis on attend 40 minute le trains, et 20 minutes plus tard on est à la voiture. Le soleil se couche, l’autoroute est complètement bouchonnée. On mettra 3 heures à revenir à Passa. Mais pas 3 heures tranquilles à écouter les nocturnes oniriques de Chopin, non. En fait, Noah, qui avait été un ange tout du long, s’est soudainement mis à hurler, sans qu’on comprenne pourquoi. Moi j’étais déjà en mode « survie », sur batterie auxiliaire, ultra concentré sur la route, car il y avait plein de camions qui se doublaient sans cesse, et aussi des fous du volant qui arrivaient derrière à genre 200km/h, et je ne connaissais pas la route, qui n’était pas éclairée. Noah ne s’arrêtait pas de hurler, et Léo finit par péter un cable, et s’est mis à pleurer et hurler aussi, dans un genre de surenchère apocalyptique. Nous étions alors à la moitié du trajet.

La torture a continué plus d’une heure. Je ne savais plus si j’étais encore en vie, ou déjà en enfer. Puis les enfants se sont endormis, 5 minutes avant qu’on arrive. Classique.

Heureusement, on ne se perdait plus à cause du GPS de la voiture… car on utilisait Google Maps.

Je suis allé me coucher, et la fièvre est montée rapidement. Le lendemain c’était au tour de Momoko et Léo. Apparemment, Pierre avait le covid, et Jocelyne est aussi tombée malade après notre visite. Je n’en est pas fait mention, mais durant notre séjour, quasiment tout le monde autour de nous chopait le covid, ou était cas contact, surtout les couples avec des enfants. Nous y avons échappé un bon bout de temps… presque jusqu’à la fin… mais qui aurait pu prédire que de se regrouper à 12 dans une maison à Narbonne allait finalement nous faire attraper le virus ?

On était seuls dans la maison de Passa, donc on était tranquille, et on ne risquait pas d’infecter plus de gens, mais en même temps, Passa est un village de moins de 1000 habitants (à moins de 2000, on dit « village », d’après l’INSEE), qui n’a aucun magasin d’aucune sorte, et pas de pharmacie. Pourtant il nous fallait des vivres, et du Doliprane. J’utilisais donc ma dernière pilule rouge pour conduire prudemment vers la pharmacie la plus proche et refaire le plein.

Et puis, le 3 février, on s’est rendu à l’évidence : nous n’allions pas pouvoir prendre notre vol de retour prévu pour le 7. Je patientais donc 1h40 au téléphone pour pouvoir parler à un agent d’Air France. Sauf qu’en fait le service est externalisé, et la personne au bout du fil n’est en fait pas salarié chez Air France. J’apprends que covid ou pas, si je décale le vol maintenant, il me faut tout repayer… par contre, si je décide d’attendre la dernière minute, je pourrais décaler le vol gratuitement… logique… après une courte réflexion, je décide d’attendre et d’économiser quelques milliers d’euros.

Il faisait super beau, et rester se reposer dans la maison de Passa n’était pas si désagréable, malgré la fièvre et la très grande fatigue. Heureusement, nous avons pu rester un peu plus longtemps que prévu car Chloé et Sophie ne rentraient pas avant le weekend.

Comme on dit parfois, surtout chez ceux qui croient au Karma, un grand malheur a de bonne chance de provoquer un heureux évènement par la suite. Cet dernier ne se fit pas attendre. En tout cas pour moi. En effet, le jeudi soir, je décidais de commander des pizzas. Mais aucune pizzeria ne faisait de livraison à Passa… oui c’est vraiment paumé come village. Mais bon, je tente de téléphoner quand même. Je demande si ils peuvent faire une exception, et livrer des pizzas pour nous juste ce soir, quitte à ce que je paye un petit surplus pour la livraison. La personne accepte, sans coût additionnel. Je retrouve foie en l’humanité. Les pizzas nous sont livrées comme promis, et là… bon vous me connaissez, je suis pas du genre à disserter sur une pizza, mais là, c’était facilement une des 10, non, des 5 meilleures pizzas que j’ai mangé de ma vie. Absolument parfaite, la pate légèrement brulée au feu de bois, les ingrédients frais et gouteux, la combinaison ultime du chèvre, roquefort, champignons et jambon, une base solide de sauce tomate ni trop amère ni trop acide, des proportions parfaites et une quantité généreuse… j’ai mangé cette pizza en remerciant le covid de tout mon cœur.

Le lendemain, vendredi 4, je me sentais assez en forme pour nous reconduire à Mauguio. Momoko était encore K.O. Léo petite forme. Noah on ne sait pas trop.

Encore une belle étape mémorable qui se termine. On pensait que tout allé bien se passer en passant à Passa mais pas comme ça. Je vous laisse avec les photos :

Cliquez ici pour voir toutes les photos.

https://photos.app.goo.gl/XC7hw8oPyUimemkm7

… et avec une petite vidéo bonus, aller soyons fou :

4 réflexions sur “France Grand Tour étape 7

  1. Cette partie de vacances a connu beaucoup de deboires et surtout des ennuis de sante !.
    La conclusion c’est qu,’il est preferable de faire des voyages en ete , surtout quand allumer un feu dans une maison pose tant de problemes ! Heureusement il y a eu la pizza pour oublier les ennuis ! Je vous espere enn bonne sante avec Noah qui trotte partout ..
    Bisous ( jolies photos espagnoles ..)

  2. Une sacrée fin de séjour ! Et c’ est pas fini ! En tout cas les photos sont vraiment magnifique ! Vous avez pu voir bcp d architectures differentes pendant tout votre séjour, C est génial ! Hâte de lire la suite !

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