Vacances d’été à la mer en famille

Des vacances attendues

Le 29 Juillet au matin, nous partions pour des vacances au bord de la mer, organisées par Momoko et sa mère, dans la préfecture de Shizuoka, au sud-ouest de Tokyo. Un séjour pour nous 4 et les parents de Momoko. 3 nuits dans un air B&B puis 2 nuits dans un hôtel, pour un total de 5 jours.

Il s’agit de la région d’origine de la mère de Momoko, où elle à passé son enfance, et elle a toujours de la famille là bas. Notamment sa sœur Mihoko, dont le mari Kenji travaille dans l’hôtel où nous allions passer 2 nuits. Mihoko et Kenji étaient venues en France pour notre mariage au château de Rousson. La mère de Momoko était très contente de nous amener là bas.

De mon côté, même si c’est vrai que moi, la plage, bon, ca ne m’excite pas plus que ca, a la base, je ne vous cache pas que de sortir un peu de l’appart et prendre l’air en dehors de Tokyo, après X mois, ca me plaisait quand même comme idée. Et bien sûr Momoko et Léo adore la plage, donc très excités.

Bref, c’est parti, les cigales chantent, l’air est brulant, nos maillots de bain dans le sac, on est parti !

Let’s go !

Un trajet tranquille

On retrouve les parents de Momoko sur le quai du shinkansen (TGV), à la gare de Tokyo. Arrivés à Atami, nous avons changé pour un train plus local, qui longe la côte vers le sud jusqu’à atteindre une petite ville reculée du nom de Shimoda. Comme d’habitude, les voyage en train, shinkansen ou pas, sont super agréables, confortable, avec tellement de place pour les jambes que même moi je peux laisser mon sac à dos à mes pieds sans que cela ne me gène (mais bon il y a un porte bagage aussi bien sûr). Ca glisse tout seul, c’est relativement silencieux… et en plus là, en longeant la côte, c’était vraiment très jolie. La forêt d’un coté, avec des collines et parfois de très beaux bambous, l’océan de l’autre.

Oui nous sommes bien en train. On roule vraiment très près de l’eau.

Une fois à Shimoda, on a fait les course pour avoir un peu à manger dans notre air B&B, et on a prit un taxi, qui nous y amena en une vingtaine de minutes.

On a aussi acheté des feux d’artifices au supermarché. Un classique de l’été au Japon.

Un coin paumé, très rural, avec une très jolie petite plage en forme de demi-lune. La maisonnette était juste , genre à 50 mètres derrière la plage. 3 chambres et un grand living room, de plein pied, vieux, mais très propre (aucun insecte ni toile d’araignée à l’intérieur : incroyable).

Un fois nos bentô avalés, et nos bagages reçus (on s’était envoyé les valises pour ne pas galérer dans le train, surtout avec les enfants), il était grand temps de nous mettre les pieds dans l’eau.

Rêve

Florent contre l’océan Pacifique

Moi qui appréhendais un peu la plage, j’ai vu tous soucis s’envoler. Je trouvais cette plage super cool. Le point clé étant que nous n’étions pas proche d’une ville, donc pas de béton et d’immeubles tout moches en vue, mais des arbres et de la forêt tout autour. Pas beaucoup de monde non plus, surtout que nous étions en semaine. Le fait d’être dans une baie, ajoutait également au côté pittoresque.

Les parents de Momoko étaient restés à la maison pour garder Noah. Momoko et moi étions avec Léo, et nous avions emporté 2 bateaux gonflables, dont un avec un genre de hublot en plastique dur encastré à l’avant, pour pouvoir s’allonger sur le ventre et voir sous l’eau. Détail important pour la suite.

Un autre truc cool, c’est qu’il y avait des vagues. Certaines d’entre elles, à leur pic, pouvait même m’arriver au dessus des épaules. La pente sous marine était relativement douce et linéaire. Et sableuse, du coup, on ne voyait absolument pas à travers l’eau, à cause du sable, en permanence en suspension du fait du remous des vagues. Détail important pour la suite.

Après avoir flotté tranquillement « au large » avec nos petits bateaux, nous décidions d’essayer de se faire porter par les vagues. Florent, sportif de l’extrême, vous savez bien, no problemo.

Je dis à Léo de bien s’accrocher aux poignées du bateau et je nage pour nous amener vers là où les vagues se forment.

Et là, on se retrouve rapidement porté par une grosse vague qui nous projette fort en avant. Léo fini par tomber et moi par lâcher prise. Pas de drame, nous avions pied et Léo portait sa ceinture flottante et ses brassards. Il a un peu bu la tasse, et a eu peur, mais 1 minute plus tard il recommençait à gambader dans l’eau et à sauter dans les vaguelettes.

Je me dis qu’on allait faire une pause avec le bateau, et allais le poser sur le sable. Ce faisant, je remarquais que le hublot en plastique, que nous appelleront par la suite le « hublot maudit », avait disparu. « Quelle camelote ce truc » me dis-je, avant de courir rejoindre Léo, sans me soucier plus que cela de ce détail… pourtant important pour la suite.

Momoko s’était assise sur la plage et nous regardait Léo et moi, courir et sauter dans la mer. Vous auriez pu faire une vidéo au ralenti, avec une musique genre « island in the sun » ou « happy together » des Weezer et ça aurait fait un bon montage pour illustrer les vacances parfaites.

J’apercevais une grosse vague se former et décidais une fois de plus de courir vers elle pour sauter dedans. Je souriais comme un enfant, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas amuser comme ça.

C’est alors que le coup survint, aussi soudainement que sournoisement, avec une brutalité inouïe.

Je ressenti une vive douleur en bas de ma jambe gauche et je titubais. Je ne pouvais pas voir ce qu’il y avait dans l’eau, mais quelque chose m’avait violement frappé, aucun doute la dessus. Ma jambe paralysée par la douleur et mes muscles ne répondant plus, je revins sur la plage à cloche pied.

Là je m’assis, au bord de l’eau. Encore sonné, je regardais les gens jouer dans l’eau, come je le faisais il avait encore une minute. Ni eux, ni Momoko ni Léo ne remarquaient mon tournement. Je reprenais lentement mes esprits, repensant au hublot maudit, et à l’absurdité de la vie et de la scène critique de « L’étranger » qui se déroule également sur une plage. Après quelques minutes je comprenais que je ne pourrais pas remarcher de sitôt, les vacances venaient de prendre un nouveau tournant pour moi.

Océan Pacifique 1, Florent 0

Momoko finit par venir me voir et je lui racontais ce qui venait de se passer. Nous essayions de calculer les probabilités qu’une telle chose se produise. Au doigt mouillé, je proposais quelque chose entre 10^(-29) et 10^(-31). Puis en m’accrochant a son épaule, je regagnai la maison, pour ne plus jamais la quitter.

Bon en fait j’exagère je suis quand même sorti au restaurant avec tout le monde le soir même. Un petit resto local situé genre à 50 mètres de la maison.

Puis les midis, pour manger au café de la plage, en terrasse face à la mer, juste à côté aussi.

Le reste du temps je restai dans le canapé, avec la jambe surélevée, en essayant de mettre du froid dessus. Je regardais les jeux olympiques, et quand j’en avait marre de voir tout ce que je ne pourrais pas faire avant au moins 6 mois, je lisais un livre sur ma fidèle liseuse Kobo.

Réalité

Momoko et sa mère se sont relayées pour jouer avec Léo et s’occuper de Noah.

Le deuxième soir, mauvaise surprise : ‘était d’urgence c’était étendue de Tokyo jusqu’à Shizuoka aussi ! Restaurants fermés le soir ! Nous n’avions pas de voiture, et le supermarché était très loin. Heureusement, Momoko trouva sur Internet un petit restaurant qui faisait des livraisons. Pizzas maisons ! Super bon !

Corona en hausse dans le secteur

2ème étape : l’hôtel

Après 3 jours, nous avons pris un taxi pour remonter la côte et nous rendre à notre hôtel.

Comme souvent, le conducteur de taxi était une calamitée, et galérait sa race même juste pour conduire tout droit sur une ligne droite. Heureusement, Momoko avait pris un sac plastique avec elle, dont elle a pu se servir pour ne pas salir la banquette de la voiture.

Nous étions un peu inquiet après avoir vu les commentaires des internautes, très négatifs, sur cet hôtel 3 étoiles. Au final, il était certes vieux, mais tout a fait convenable. Et le personnel était au taquet. Il faut dire qu’il n’y avait quasiment pas d’autre clients.

J’avais commandé un canne et des trucs pour me maintenir la cheville sur Amazon, et tout est arrivé à l’hôtel en même temps que nous.

La sœur de la mère de Momoko et son mari nous ont rejoint et, le soir venu, nous avons diné ensemble à l’hôtel. Très sympa, ils m’ont même donné des patch anti-inflammatoires pour apaiser la douleur.

Le lendemain matin, le mari nous a véhiculer jusqu’au « Izu Animal Kingdom« , un zoo avec également une partie « dinosaures ». Le parc offrait des chaises roulantes sur place, c’est pour cela que j’ai pu suivre Momoko et Léo. La partie « dinosaures », assez petite, était dans la forêt, plutôt cool, avec des dinosaures animés et sonorisés. Cela m’a rappelé le parc dinosaures en Ardèche qu’on avait visité avec Grégoire, il y a fort longtemps, quand nous étions enfants.

Ensuite, le zoo, bon moi je suis pas fan de la cruauté sur les animaux, mais bon Momoko et Léo ont bien aimé, surtout qu’ils ont pu donner à manger à des girafes.

L’après-midi : piscine, face à la mer. Comme c’était juste en bas de notre hôtel, j’y suis aussi allé, pour m’assoir sur le bord et mettre mes jambes dans l’eau froide.

Soir : diner à l’hôtel, similaire au premier. De toute façon, dans les hôtels old-school et autres ryokan, on mange « japonais pour de vrai » c’est à dire essentiellement du poisson grillé, et du riz pour finir. Il y a une myriade de mini-plats pour faire joli, mais le cœur du repas reste le poisson grillé et le riz. Même au petit déjeuner. Servi au plus tard à 7h30 du matin. Au passage, on se rend vite compte qu’on est addict au sucre, quand il n’y en a pas.

Le lendemain matin, nous avons visité la maison de l’oncle et la tante de Momoko, en haut d’une colline toute proche de l’hôtel. Un coin très pittoresque. Il y avait un jardin avec un super potager, et Léo s’est beaucoup amuser a cueillir plein de légumes. Ensuite, vers midi, nous Momoko, Noah et moi, sommes partis prendre le train pour rentrer à Tokyo. Léo et ses grands parents sont restés un jour de plus.

Au final, ce furent de bonnes vacances. Léo était un peu difficile car il voulait toujours être avec maman, mais globalement, en dehors de ma malchance défiant les lois statistiques et mes atroces souffrances quotidiennes, tout c’est bien passé.

Retour en métropole

Arrivés à Tokyo, nous avons pris un taxi et nous sommes rendu directement à la clinique de notre quartier.

Le docteur examina par échographie ma jambe, et mon pied, très gonflé et arborant toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Le verdict tomba, tel le marteau du destin, dans un retentissement fracassant.

Je pensais être simplement victime d’une grosse contusion, mais, nom de Zeus, la fureur de Poséidon m’avais en fait détruit le tendon d’Achille !

Il me dit qu’il faudrait mieux opérer, et on a pris un rendez-vous pour une IRM et une confirmation auprès de l’orthopédiste de l’hôpital public du quartier.

Le kiné de la clinique me fila ensuite des béquilles trop petites (mais c’était les plus grandes qu’ils avaient), et nous rentrâmes enfin à la maison.

Epilogue

Le lendemain, Léo était de retour.

2 jours plus tard, au matin, je pus enfin me rendre à l’hôpital pour le rendez-vous.

Le docteur était très sympa, un jeune, amateur de décathlon. Il m’examina à l’échographie tout d’abord, puis me dis qu’il n’y avait pas besoin d’IRM (qui n’est pas gratuit). Le tendon n’est qu’à moitié détruit, et la rupture n’est pas complète. Un cas relativement rare d’après lui (sans blague). Du coup, il m’a recommandé de ne PAS opérer. Il m’a dit que je pouvais me rétablir tout seul, avec un bon plâtre de 4 semaines, sans les risque de complications d’une opération, puis une longue rééducation, bien sûr.

Bon, ben c’est cool.

Une demi-heure plus tard j’avais mon plâtre. Et de béquilles a ma taille.

Mais ma journée n’était pas encore finie ! Et oui, ca aurait été trop facile sinon… je devais, l’après midi même, me rendre à mon bureau pour recevoir ma seconde dose de vaccin anti-covid (Moderna). Vu la mauvaise réaction que j’avais fait après la première injection, j’appréhendais un peu… j’ai préparé la bouteille d’eau et les doliprane au pied du lit avant de partir.

Mon bureau, c’est 20 minutes de train, et 15 minutes de marche. Mais avec les béquilles et 40 degrés dehors, cela s’est transformé en 20 minutes de train et 45 minutes de clopinage infernal. De retour à la maison j’étais en sueur total, et je me suis rendu compte que je m’étais bousillé les mains, poignés et dessous de bras, en forçant sur mes béquilles. C’était la première fois que j’en utilisais. C’était bien plus fatiguant que ce que je pensais.

Le soir, je pensais vivre mes derniers instants avant ma descente en enfers, des jours de fièvre et de douleurs sans pouvoir me lever de mon lit…

Il n’en fut rien ! Je n’eu aucun effet secondaire ce coup-ci ! Bim, retour de Karma. Je peux sauter gaiment à cloche pied pour aller aux toilettes, prendre des douches (avec un sac plastique bien sûr) etc, tranquille ! En plus, notre appartement est équipé pour les personnes à mobilité réduite, et il y a de solides poignées pour s’accrocher dans la salle de bain, la douche et les toilettes.

Bien sûr ce n’est pas cool pour Momoko, que je ne peux quasiment plus aider.

Mais ça va, nous gardons le moral !

Tout est bien, qui fini bien avec une jambe en moins.

Cliquez ici pour voir toutes les photos.

https://photos.app.goo.gl/FTZwkSFRxB58VyFb9
Personne ne sait ce qu’il est advenu du Hublot Maudit. Certains racontent qu’il continue son périple dans les océans, semant peine et désolation sur les plages du monde entier, errant sans fin et ne se nourrissant que des lamentations de ses innocentes victimes aux vacances ruinées. D’autres encore, pensent qu’il s’est rapidement échoué sur la plage, et que les surveillants, lors de leur inspection du matin, l’ont rapidement jeté à la poubelle sans y prêter attention.

5 réflexions sur “Vacances d’été à la mer en famille

  1. C’est formidable !!!! Assis dans le fauteuil, on prend le train, mange au restaurant, on promene sur la plage, on nage et on rssent la douleur !!! Ton style est clair et a suspense et on est presque deci d’arriver a la fin … J,espere qu,avec des bequilles a ta taille tu pourras te deplaer dans la maison sans trop de problemes et aider un peu Momoko. J,espere aussi que Leo aura bientot fini sa passe des « non » et ainsi termine sa crise de jalousie a l’arrivee de Noah.
    Je trouve ls parents de Momoko trs gentils et j’ai rconnu sur la photo la soeur de sa maman.
    Je suis etonne de ta memoire pour les souvenirs d’enfance ….. Je vois que tu as tout de suite pense que Herve pilotait un drone …il n’a pas fait peur au che aux Cailar ((les noms propres n’ont pas d’orthographe) mais il s’est rndu compte en survolant la cour des voisins qu’il pourrait peut etre y avoir des problemes !
    Merci et felicitations pour ton francais sans faute et bon courage pour ta cheville…(Laetitia va prendre courage pour la deuxieme injetion du vaccin car elle a ete fatiguee pour la premiere)

    Plein de bisous

  2. Quel roman alletant !
    C est incroyable cette malchance avec la mer… Je me rappelle encore de ton 1er camping avec les copains, on était venu te chercher… Tu étais entièrement recouvert de coup de soleil… (mais est ce que Mum t avais donné de la crème hein ?!)
    Moi c est avec la neige… Chacun son truc

  3. Flo je viens de lire tes mésaventures durant tes vacances je ne pense pas que quelque chose ait pu te provoquer cette lésion du tendon très souvent on se fait une rupture spontanément sur un simple mvt par contre le ressenti peut être l impression d un gros choc ou d un coup de poignard très violent par contre il va te falloir patience et persévérance pour la rééducation biz

    • Merci pour le commentaire ! Ouais, j’ai pensé que j’avais pu me faire ça tout seul, et le ressentir comme un coup (comme la fois où je m’étais électrocuté sur une clôture des Kélars et avait ressenti comme un coup de bâton dans le dos)… mais j’aime bien l’histoire du « hublot maudit » ! Egalement, j’avais vraiment très mal sur le mollet aussi, comme une contusion (genre si je touchais avec le doigt le haut du mollet la douleur devenais vive dans le muscle), et j’avais même pas remarqué que j’avais aussi mal au niveau du tendon, pendant les premiers jours… et le tendon est juste à moitié cassé… après c’est sûr que si on réfléchit à l’occurrence la plus probable, le mauvais mouvement l’emporte.

  4. Oh my God quelle histoire !!! Mon pauvre….. courage pour le repos et la rééducation.
    Ne reste pas en froid avec les vagues et le Pacifique mais au contraire prepare ta revanche 😉

    Super vacances pour moi : le Mas avec une chouette balade à cheval ( avec Norah, Marilou et Joyce sa pette fille), le Béarn avec des copains, la Corse ( qui reste le top du top ), les Alpes avec Papa… bref … et toujours avec le soleil of course!!!!!!!

    Bises à tous

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