Comme l’année dernière, les parents de Momoko nous ont invité à passer 3 jours à la neige, en famille. Même endroit, même hôtel, mais cette fois, il n’y avait pas les cousins de Léo. A la place, il vînt l’autre frère de Momoko (par opposition au père des cousins), Tatsuya, et sa femme Takako.
Nous avons donc pris ensemble le shinkansen, le 29 février au matin, pour arriver dans la neige avant midi. De la neige, il y en avait, mais de fait beaucoup moins que l’année dernière. Certaines pistes semblaient même fermées à cause de cela (et cela va avoir son importance).


En tout cas, malgré cela, et malgré la menace coronavirus, il y a avait pas mal de monde.
Le temps fût radieux la première journée, et nous avons bien joué avec Léo.
Le lendemain, le temps se couvrit. Et, avec les encouragements de la mère de Momoko qui allait s’occuper de Léo, nous avons loué des skis, Takako, Momoko et moi. Et oui, j’allais faire du ski.
Comme je n’ai fait du ski de piste qu’une seule fois dans ma vie, et que j’avais fini ramassé et malade, j’appréhendais pas mal. D’autant plus que ma condition physique, après un hiver à la maison, était plutôt misérable. Mais bon, c’est pas tous les jours que l’occasion se présente, et puis ils avait même des chaussures à ma taille, alors, pas d’excuse.
Sans aucune confiance, je descendis donc la pente qui mène de l’hôtel au bas des pistes. Hm, en fait, pas de problème, ça glisse, mais j’ai un certain contrôle… hop, confiance revenue, je me dis allé « c’est tipar, Gaspard ».
Alors hop là, on monte dans le télésiège, tous les 3 sur le banc métallique qui va nous emmener en haut des pistes. Bien content de m’être débarrassé de mon appréhension, j’étais impatient de skier avec Momoko et Takako, qui discutaient gaiement à ma gauche. Je regardais les arbres défiler et notre siège s’élever, c’était cool… et puis d’un coup ça ne l’était plus. Je fus frappé d’une peur complètement inattendu. Aurais-je le vertige? Le phénomène s’accentuait et je sentais mes membres se tétaniser. Je commençais à paniquer… donc là j’essai de respirer bien profondément, de penser à autre chose, d’écouter la conversation des filles… j’entends « il est long se téléphérique… oui, je crois me souvenir qu’il fait plus de 2km, ahahaha, j’ai été surprise la première fois hihihi »… et moi j’étais là « MAIS NOOON ».
Momoko m’a alors demandé si ça allait, et j’ai répondu « non ». Je lui ai demandé pourquoi elle n’avait pas du tout peur, elle qui a le vertige assez facilement, elle m’a dit qu’elle pensait que si elle tombait, elle ne mourrait pas, ici. Je vérifiais rapidement, et les gros blocs de béton 25 mètres sous mes jambes ballantes ne semblaient pas corroborer ces propos. Il suffisait d’un geste pour passer outre la mince barre branlante et être aspiré par le vide. Les sièges ballottaient à chaque changement d’angle. A certains endroit, des haut parleurs diffusaient de la musique. je crûs reconnaître les Beattles. Ce n’était pas « Help », mais un truc plus gai qui me soulageât quelques secondes.
Puis Momoko se rappela qu’il fallait peut être m’apprendre comment descendre du siège en arrivant. Je voyais vaguement la station d’arrivée. Elle semblait à des kilomètres. « Il faut pousser sur ses jambes quand le siège soubresaute, fait attention tu es du côté opposé, c’est le plus difficile ». Je tombas, mais étais plutôt content de sentir le sol. Enfin arrivé!
« Bon, maintenant il nous faut prendre un autre téléphérique », nous indique Takako. « Comme il n’y a pas assez de neige, les pistes du bas sont fermées, et il nous faudra reprendre le grand téléphérique pour rentrer ». Ahahaha.
Le second téléphérique était plus court, heureusement. Il remontait le long d’une piste rouge, et je pouvais voir les skieurs et snowboardeurs la dévaler… « pas moyen », me dis-je. Momoko racontait l’histoire de quand elle avait essayé le snowboard pour la première fois dans sa jeunesse. Son amie avait ouvert la barre du télésiège trop top, et s’était au passage éclaté le nez, qui s’était mis à saigner abondamment. Les secours l’avait redescendu en moto-neige, et Momoko s’était retrouver toute seule, très apeurée.
Finalement arrivée tout en haut, au milieu des montagnes, toute ma confiance en moi s’était évaporée, et je me remettais à peine de notre ascension infernale. Mais voilà c’était parti, sur la piste « facile », qui redescendait jusqu’au pied du 2ème téléphérique.
Après quelques dizaines de mètres, je me rendais compte que je n’arrivais pas vraiment à freiner. J’accélérais sans cesse malgré mes efforts. Un virage arrivait. Je me rendis compte que je n’arrivais pas à tourner non plus… in extremis, et au prix de toute ma force, je négociais cependant le virage. La mort ne m’entendait pas au fond d’un ravin, mais tout de même, sortir de la piste signifiait se retrouver en descente genre rouge, avec des arbres, ce qui me semblait alors synonyme de totale perdition.
Parfois, le parcours nous laissait une jolie vue dégagée sur l’enfer blanc et vide qui nous séparait de notre hôtel, ainsi que des terres désolées qui formaient une plaine entre nous et une autre chaîne d’imposantes montagnes juste en face.
De virage en virage, et en évitant par miracle une percussion avec un des nombreux skieurs débutants qui glissaient de tous les côtés, je parvins enfin à l’arrivée, qui, étrangement, était ridiculement étroite, juste entre le téléphérique de la mort et la dernière pente du parcours, l’ultime défi du survivant, qui était de loin la plus longue et pentue. Il me fallut toutes mes forces sur des dizaines de mètres en esquivant des enfants à terre pour finalement m’arrêter de justesse à un ou deux mètre du téléphérique du retour (en enfer). J’étais sur les rotules.
De là, les filles pensèrent qu’il serait cool de refaire le parcours. Je regardais le téléphérique de l’abîme sans fond qui grinçait à ma gauche. « Ouais allé, on essai encore une fois », lançais-je.
« Tu te débrouilles très bien pour une première fois! ». Takako était très gentille. Elle savait bien skier, et m’expliquait comment freiner et tourner. Je commençais à y arriver un peu mieux et la deuxième descente fût plus agréable. Sauf la fin : toujours horrible cette dernière pente. Momoko savait skier, mais n’en avait plus fait depuis très longtemps. Elle était toujours loin derrière, glissant de manière extraordinairement lente en faisant plein de zigzag…. je l’enviais énormément. Comment était-ce possible d’aller si lentement?
Une fois de retour en bas, il était midi et nous allions descendre manger à l’hôtel. Cette fois, en enlevant les skis avant de s’asseoir sur le banc métallique branlant. Ce qui signifiait que, non content de devoir éviter de glisser vers son anéantissement, il fallait également faire en sorte de ne pas laisser tomber un ski ou un bâton dans le néant. J’avais demandé à Momoko de faire la conversation sur des sujets autres que ses expériences sanglantes sur les téléphériques, ou autres références à la beauté du paysage en contre-bas. La barre de sécurité n’avait pas claquée, Momoko la maintenait avec son bras, et j’avais l’impression que les skis glissaient entre mes bras. Je me sentais de plus en plus comme en chute libre, comme dans la Tower of Terror de Disney… mais je m’efforçais de penser a ce qu’on allait manger et aux différents restaurants de l’hôtel, et d’en parler avec Momoko. Cela ne marcha pas trop mal…
La location des skis était valable toute la journée, mais à bout de force, je décidait de ne pas répéter une fois de plus cette ode à la vacuité. Momoko y retourna avec Takako, tandis que je pris un bain chaud puis continuais ma lecture de « L’étranger« , m’interrogeant sur l’étonnante absurdité de la vie.
Le soir, nous allâmes au onsen de l’hôtel avec Léo. C’était la première fois que je j’allais au onsen avec lui. Il avait un peu peur du grand bain à l’intérieur, mais il finit par beaucoup s’amuser autour du grand bain extérieur (rotenburo), qui était bordé de gros rochers.
Ensuite, bien relaxé par ce long bain, nous nous sommes rendu directement au dîner. Les dîners à cet hôtel sont de grand buffets avec énormément de chose, donc on mange toujours un peu trop. Les petits déjeuné aussi.
Le 3ème et dernier jours, après une belle matinée, le temps est devenue relativement mauvais, et froid. Nous avons cependant encore joué dans la neige avec Léo. Ce dernier, qui jusqu’à présent avait toujours refusé catégoriquement de faire de la luge, malgré l’insistance de sa grand-mère (qui du coup à fait de la luge toute seule les 2 premiers jours), s’est mis à vouloir en faire. Toute la journée. En fait il a découvert un genre de luge différent (c.f. photos), c’est sans doute ce qui l’a débloqué.
Puis nous sommes rentrés, bien fatigués à la maison. Moi j’étais K.O. et avais le nez qui coulais comme un robinet ouvert. Je m’en suis vite remis, mais Momoko est tombée malade avec de la fièvre pendant plusieurs jours. Mais bon pas de problème, on a tous eu le temps de bien se remettre avant l’arrivée de Greg, qui fera l’objet du prochain post!
https://photos.app.goo.gl/6V7D5HtS7ZNjEmEZ7

Je hais le ski!
Comme pas mal de Redares semble t’il
Jai toujours esquivé les weekends et semaines au ski de mes copains copines car pour moi c’était synonyme de perdition totale, un ticket ( très cher ) pour une descente au enfers.
Je comprends ,ressens ton récit et cela me conforte que je suis bien dans ma chaise longue en plein soleil à lezarder au lieu de….arrrghhh le télésiège
Ton recit est tellement prenant , que j’ai partage tes sensations (angoisse,peur,malaise) tout le parcours de ce telesiege ! et c’est ,comme toi , que j’en suis sortie soulagee …
Quant a ta descente sur les skis , j’ai eu aussi peur que toi de ne pouvoir freiner ! Je pense que les Redares ne sont pas des as dans ce domaine ….. Une chance toutefois, que tu t’en es tire avec seulement le nez qui coule !… bravo a Leo le plus costaud des trois et contente de savoir Momoko retablie .
Bisous
Très jolis paysages et super hôtel !
Bravo pour ta témérité sur le télésiège et sur les skis !
Salut à tous!
Je confirmer pour le ski! Beaucoup de sportifs dans la famille mais peu de skieurs 😉
Moi même je n’ai en fait qu’une fois et je me rappelle plus du stress que du plaisir!
Bises à tous!
Je pense que le ski… C est pas très redares au final… De nous tous, qui part au ski chaque année ? 🤔
J ai moi même eu des frissons en te lisant sur le télésiège. Moi aussi j ai tjs trouvé ça horrible. Et j ai toujours eu plein de réflexions sur la mort en étant dessus !! 😅 Je me suis tjs concentré sur la beauté des montagnes ! Heureusement, maintenant ils font de plus en plus de télé cabine !!! 😉
En tout cas pour le ski, si tu veux un jour l apprécier, il faudrait que tu passes plusieurs jours avec un moniteur Perso. Mais est ce vraiment un but dans ta vie….??!!!
Merci pour l article !
En voilà un récit passionnant à suivre!
Après chaque ligne ,on est impatient de connaitre la suite des évènements !
Finalement , tu t’en est fort bien sorti pour la seconde fois (à notre connaissance )
de ton aventure dans ce milieu ne semblant pas être celui que tu préfères …
Au moins ,cette fois-ci, tu as pu « avoir chaussure à ton pied « …c’est déjà bien,
contrairement à l’époque ou tu étais encore ado ,chaussant déjà du 47 ( ! )
lors d’un séjour à Solliès ville ,nous étions allés skier à la Foux d’Allos
et le loueur de chaussures n’avait pu t’offrir que du 46……
Aussi tu n’avais pas tellement apprécié ton premier contact avec ce milieu …
Félicitations pour ta persévérance dans ce domaine !
Et Léo est déjà dans le coup ! A l’aise sur sa luge ,il glisse tout seul,
et semble ne pas avoir peur dans la neige.
C’est très bien de commencer tôt, bravo!
Il faut dire qu’il a un super équipement et cela lui va très bien!
Nous espérons que vous pourrez retourner à la neige
lorsqu’ elle sera bien plus abondante et que Momoko soit complètement rétablie !
Bonne poursuite du confinement et grosses bises à tous ..
Les Varois qui n’ont pas vu de neige cet hiver .
Ca fait plaisir de lire à quel point tu t’éclates en faisant du ski….!! enfin quelqu’un qui partage mes sensations…! Sauf que moi , après la dernière fois ou à peine relevée avec ces p…..de skis aux pieds je perdais l’équilibre pour une autre gamelle sur un coccyx déjà bien douloureux , je me suis jurée de ne plus jamais remonter dessus….et j’ai tenu promesse ….😁