Le voyage du retour s’est relativement bien passé, même si Noah a moins dormi qu’à l’aller. Nous débarquons donc à l’aéroport international de Narita après 16 heures de voyage depuis Mauguio. 16 heures ça fait beaucoup, mais rappelons nous qu’il fut un temps où, à moins d’avoir un bon cheval, on arrivait même pas à Avignon, depuis Mauguio.
Débarquement, donc. L’avion était plein, complet. Ce qui peut surprendre, vu que le Japon n’accepte aucun touriste à cause du COVID, et qu’il n’y avait quasiment aucun japonais dans l’appareil…
En fait, nous n’étions qu’une toute petite vingtaine à vouloir se rendre au Japon. Tout le monde était en correspondance pour la Nouvelle Calédonie.
Après être sortis de l’avion, nous sommes rapidement arrête à un premier « point de contrôle », avec des chaise pour attendre. Nous attendons là avec la vingtaine de personnes voulant débarquer. On doit remplir un premier formulaire.
Puis, en avançant un peu plus dans les couloirs, nous nous rendons au 2ème point de contrôle, qui vérifie nos passeports, nos papiers, le formulaire, et nous indique d’aller attendre pour se faire tester.
Etape suivante, le test salivaire. Noah doit le faire aussi, cela prit un certain temps additionnel.
C’est pénible de faire tester Noah à chaque fois, mais bon, si on ne teste pas tout le monde, c’est comme essayer d’arrêter de l’eau avec une passoire…
S’ensuit une épopée fantastique à travers l’immense aéroport désert. Je ne me rappelle plus exactement combien de points de contrôles nous avons du traverser. A chaque fois, tous nos papiers étaient revérifiés, et parfois nous devions remplir encore un formulaire. Des informations supplémentaires nous étaient données au compte goute. Puis reprendre notre chemin à travers les halls et couloirs jusqu’au point suivant.
Une des étapes était de nous faire installer une application sur notre smartphone, afin de nous géolocaliser en permanence, de nous contacter, suivre notre température etc… Chaque personne devait installer ça, et était suivi de manière individuelle afin d’être sûr que cela soit bien fait. La quantité de personnel déployé dans l’aéroport pour tous les points de contrôle, les tests, le suivi, la surveillance etc… était très impressionnante, et semblait complètement démesurée par rapport à la petite poignée voyageurs rentrant aux Japon. J’avais un peu l’impression de me trouver dans un roman de science-fiction dystopique. Sans parler de la différence avec l’arrivée dans l’aéroport de Paris, où on dirait qu’ils n’ont même pas les moyens de faire un contrôle normal de douane ou d’ouvrir plus de 2 portails à l’immigration…
Puis nous devions attendre les résultats des tests dans un immense hall.

Nous avons attendu longtemps. Nous étions les seuls restant… on commençait à se faire du souci… serais-je encore positif ??
Puis quelqu’un fini par venir, s’excuser du temps d’attente, dû aux résultats du test bébé qui prenait plus de temps et… qui était positif ! Noah était testé positif au COVID à l’aéroport !
Momoko, Léo et moi même, étions négatifs.
Noah ne montrait aucun signe de maladie, pas de fièvre ni rien, et sortait tranquillement de sa varicelle. Mais bon, le test avait parlé : il devait être envoyé dans une zone de quarantaine spéciale pour les personnes infectées. On s’est donc séparer en 2 groupes : Momoko et Noah iraient dans un hôtel spécial pour les cas positifs, et Léo et moi donc un des hôtels de quarantaine « normaux ».
Mais tout d’abord, il fallait encore marcher dans l’aéroport, passer un ou deux points de contrôle supplémentaires qui revérifiaient tous les papiers à chaque fois, retamponnaient les trucs…
A noter tout de même, que tout le personnel était impeccablement serviable, gentil et agréable. C’est normal au Japon, mais quand on est français, ça fait toujours bizarre. En tout cas, ça donnait moins l’impression de se faire ficher et emmener dans un camps de réfugiés.
Léo et moi finissons par atteindre le hall de sortie, et nous attendons un bus qui allait nous conduire à notre hôtel de confinement. Une petite quarantaine de personne attendaient avec nous.
Le bus arriva, décoré d’une énorme banderole « QUARANTAINE » sur les côtés, pour poser l’ambiance.
On monte enfin dans le bus. Je ne vous cache pas que ça commençait à faire long… notre périple dans l’aéroport avait duré 3 bonnes heures.
Le bus roule une petite demi heure, puis nous dépose devant l’hôtel Nikko Narita. Là nous attend une armée de personnel qui… nous font s’assoir et encore attendre pour qu’on contrôle une Nième fois tous nos papiers… purée j’avais envie de leur dire « mais arrêtez de tamponner ces pauvres papiers bon sang, ce sont juste des cases que j’ai coché pour pouvoir rentré chez moi, les marteler d’encre ne les rendra pas plus important… si ? ». Ahh, la bureaucratie…
Enfant ou pas enfant, on a du attendre notre tour pendant ce qui m’a semblé des heures, mais sans doute 20 ou 30 minutes. Ensuite on m’explique le déroulement de la quarantaine, les différentes règles, et je reçois la clé de la chambre.
On y rentre, et interdiction d’en sortir pour les 10 prochains jours.
Enfin on peut se reposer. La chambre est toute petite, avec juste assez d’espace autour des lits pour pouvoir circuler. Pas de table. Salle de bain avec baignoire. Télé, Wi-Fi. On est au dernier étage et la vu sur la forêt est sympa. Ca c’est cool.

Le lendemain matin, avant 6 heure du mat’ sinon c’est pas drôle, on devait faire notre premier test PCR. Les résultats ne sont pas communiqués. Ensuite, deuxième test 3 jours plus tard. Les résultats toujours pas communiqués.. en fait, jusqu’au dernier moment, on ne sait pas si on va rentrer chez nous le jour prévu ou pas… Les tests nous sont donnés devant notre porte, et nous les faisons nous même. Ce sont des tests salivaires. Pas trop embêtant donc.
Nous sommes nourris 3 fois par jour. Des bentos repas sont déposés devant notre porte. Franchement c’était pas mal, niveau quantité et qualité, mais le problème, c’est que c’était froid… pas moyen de les faire réchauffer. La chambre disposait d’une bouilloire, pour faire chauffer de l’eau pour les incontournables soupes miso lyophilisées du repas du soir. J’avais également 2 sachets de café, et 2 sachets de thé, pour tout le séjour. J’ai demandé si je pouvais avoir des sachets supplémentaires, mais cela m’a était refusé. Bien sûr, pas d’alcool, et impossible de fumer. J’en connais pour qui ca a été dur (collègue de bureau gros fumeur).

Léo n’a posé aucun problème, il avait une grosse voiture LEGO Technic à construire, les jouets qu’il avait reçu pour Noël, et j’avais mon ordinateur portable pour jouer à des jeux vidéos et regarder des films.

On s’est bien reposé, et remit de notre jet lag petit à petit. Franchement se n’était pas désagréable de ne rien avoir a faire pendant quelques jours, après notre long voyage ! De plus, tout cela était gratuit, hôtel, repas, tests PCR.. tout payé par le gouvernement. J’imagine même pas le coût de maintenir cette organisation pendant des mois/années…
Tous les jours, nous devions répondre à plusieurs appels vidéos, moi, puis Léo, pour confirmer que nous allions bien. La plupart de ces appels étaient automatisés, c’est à dire que nous devions simplement nous montrer devant la caméra de notre téléphone sans rien dire comme des idiots pendant quelques secondes, mais parfois une personne réelle nous parlait, sans qu’on puisse la voir. Ca faisait très « télécran » du roman d’Orwell, « 1984 ». Tous les matins, nous devions également envoyer via notre téléphone, nos températures, avant 7 heure du matin.
De son côté, Momoko n’avait pas besoin de faire tout ca.. La zone de quarantaine pour personnes infectées était moins stricte. Il était même possible de sortir marcher dans les couloirs. Quand Momoko a demandé plus de café, on lui en a donnée un gros paquet, ainsi que des chocolats. Ses repas étaient similaires aux nôtres, froids. Bien sûr, devoir s’occuper de Noah était plus fatiguant, mais elle a tout de même pu récupérer aussi. Elle a pu commander des jouets, et des snacks sur Amazon, et se les faire livrer dans sa chambre. Sa chambre était un peu plus grande, avec une petite table. Elle devait rester deux jours de plus que nous, et serait libre de partir si le test PCR de fin de séjour était négatif.
Le 21 Février je reçois un coup de fil dans notre chambre pour me dire que je dois me préparer à partir, un bus va nous ramener à l’aéroport. A notre sortie, tout le personnel nous remercie pour notre coopération, et presque nous applaudissent comme des héros. Une fois de retour devant l’aéroport, c’est à notre charge de rentrer chez nous, mais on doit utiliser un service spécial, pas de transport en commun, car… on doit faire un jour de confinement supplémentaire chez nous !.. Momoko nous avait réservé une voiture, et un chauffeur nous ramena de l’aéroport à chez nous. 1 heure 20 de trajet par l’autoroute.
Nous étions enfin de retour à la maison ! 2 jours plus tard, Momoko et Noah ont pu rentré et nous étions tous réunis à nouveau.
Ainsi se clôture notre épique « France Grand Tour ». Nous étions tous ravi de ce long séjour. Léo s’est vraiment régalé. Chaque étape fût un grand plaisir (un peu moins vers la fin, mais même, les difficultés ne font que rendre l’aventure plus mémorable).
Cliquez ici pour voir toutes les photos de notre quarantaine.
https://photos.app.goo.gl/EnBUN8dkz6AZgY3AA

Un retour difficile en effet…..on attend la suite de tes aventures Back in Japan !!!
Merci pour tous ces beaux récits !
Franchement, chapeau d’avoir survécu dans cet hotel, que ce soit toi ou Momoko, vous avez été des guerriers pour moi….!
Je pense que la sagesse Japonaise fait maintenant entièrement partie de toi !!
J’ai hâte de savoir la suite, votre retour au base, et à la routine !
La rentrée de Léo et Noah !
Vite, vite, la suite !
Horrible cette derniere etape ! il faut etre japonais ,ou presque, pour supporter ces tracas calmement … En tout cas les enfants ont ete parfaits et felicitations a Leo pour sa magnifique et grande auto ..
Bonne sante et mille bisous pour vous quatre
Mamie et Papy
Quelles aventures encore une fois!!! Tu racontes ton confinement en hotel assez positivement, cela serait insupportable pour moi avec un petit et sans exercice. Merci pour le temps passe a ecrire tes aventures et partager les belles photos.
a quand le prochain voyage en Europe???
J’en profite pour souhaiter un bon anniversaire en retard a Mamie. Desole pour l’oubli, c’etait en gros sur notre calendrier mais avec les enfants c’est passe a la trappe. 1ere semaine de conges parental avec les 3 tout seul, Jacqueline a commence lundi son nouceau travail chez Scottish Power Renewable a Glasgow.